Nez en iran

Ce travail consiste en un projet éditorial qui traduit à la fois ma recherche théorique et mon travail plastique.
Ma recherche théorique questionne et tente de comprendre le phénomène
de la rhinoplastie en République islamique d’Iran. Je me propose de répondre aux questions soulevées en observant le contexte actuel de l’Iran, tant au niveau sociologique qu’anthropologique, politique, économique, juridique, artistique, esthétique, etc. ̵ mais aussi très concrètement à travers de nombreuses interviews et un reportage photographique réalisés sur place.
Mon travail plastique joue sur la mise en scène du contexte iranien à partir d’une documentation issue des livres et des médias iraniens, et plus principalement de trois revues féminines et de leur évolution avant/après la mise en place de la république islamique : Femme du jour, Femmes, Femmes aujourd’hui. J’utilise également une iconographie illustrant l’évolution de la norme de la beauté en Iran.
L’ouvrage se compose de trois parties qui se distinguent par leurs formes plastiques et leurs contenus. L’idée principale de la forme de mon livre est construite à partir du mot lisse et résume une série réflexions sur la chirurgie esthétique.
La première partie du livre est un cahier fermé de 16 pages, en papier non couché. L’idée du cahier fermé a pour objectif d’impliquer le lecteur en l’obligeant à poser un équivalent d’acte chirurgical si il désire commencer la lecture du livre. Muni d’un coupe-papier, le lecteur doit couper le papier comme le chirurgien découpe la peau de son patient pour commencer à l’opérer. Le contenu de cette partie propose de questionner l’existence éventuelle d’un idéal de beauté iranien, et les critères qui le définiraient.
Peut-on trouver, en brossant le portrait des femmes iraniennes à travers les âges, un idéal auquel les iraniennes contemporaines tenteraient de correspondre ? Ou bien, au contraire, que chercheraient-elles à fuir et quels seraient les défauts qui les hantent de génération en génération ? Autant de questions qui méritent de porter son regard vers les images du passé.
La deuxième partie du livre est un cahier en papier couché, où se trouve questionné le contexte actuel de l’Iran : à travers des images tirées des médias, mais aussi par des interviews, le lecteur est invité à se balader dans les rues de Téhéran et à feuilleter quelques revues féminines iraniennes d’hier et d’aujourd’hui. Cette immersion désire illustrer la schizophrénie ressentie au quotidien dans ce pays, entre les slogans à la gloire de la République islamique ̵ omniprésents sur les murs de la ville ̵ et les titres en couverture des magazines. Dans cette deuxième partie se trouvent également les hypothèses posées en réponses à la recherche théorique.
La troisième partie du livre, enfin, est un cahier en papier glacé qui contient
des publicités tirées de magazines iraniens contemporains, ainsi que de la propagande produite par la République islamique d’Iran. Publicités et propagande sont présentées sur un pied d’égalité.

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